On Becoming My Own Savior
The Awakening
(Version française ci-dessous)
My Dear Reader,
When one of your children becomes hell-bent on ending their own life, it scrambles your mind and breaks your heart in ways no parenting book ever prepared you for. You think you’re helping—cooking their breakfast, straightening their room, trying to love them back into themselves—only to realize you may actually be making it worse. That the battle is theirs. That you cannot fight this one for them. You can comb their hair, but you cannot exorcise their demons.
Being a father to a boy who had become a runaway train headed for a collapsed trestle was a nightmare I couldn’t wake up from. My marriage melted into goo in the heat of those flames. And what I couldn’t see at the time—what I was blind to while living inside the storm—was the gift my son was giving me.
By creating that thunderstorm in our home, he dragged me into the mental breakdown I didn’t know I needed. The one that doubled as my spiritual awakening.
When I stood in the middle of everything I loved and watched it go up in flames like a barn in a lightning storm, I was also being carried—quietly, invisibly—on the wings of angels. Straight into the realization that heaven wasn’t a place you go when you die. It had been here the whole time, waiting like Dorothy’s red slippers. Waiting for me to click my heels and whisper:
There’s no place like home.
There’s no place like home.
My Get-Out-of-Dogma-Free card appeared in the form of a meditation app called Headspace. Twenty minutes each morning was enough to begin rewiring my entire way of being. It led me to the revelation that Jesus wasn’t a paschal lamb who died for my sins—he was my imagination. My inner scriptwriter. My own creative power wearing a story.
The woman caught in adultery, the loaves and fishes, the table-flipping rebel with a homemade whip—these stories were never history lessons. They were blueprints. They were reminders that heaven is something we build here, now, out of the raw materials of our own attention.
All I had to do was get still, close my eyes, and put my brain on a leash. Instead of letting it tear through back alleys knocking over trash cans, I learned to walk it to the dog park and feed it from my own hand.
My son’s thunderstorm knocked all the stuffing out of my Sunday School Jesus. What remained was the invitation—or the demand—to become my own savior.
Through a mix of daydreaming and inspired action, I began to remember why I slid into this complicated, radiant world in the first place.
And here in Paris, I continue remembering.
With love from Boulevard Voltaire,
Richard
Mon cher ami, ma chère amie,
Quand l’un de vos enfants devient farouchement déterminé à mettre fin à sa propre vie, cela vous retourne l’esprit et vous brise le cœur d’une manière qu’aucune Écriture sacrée, aucun manuel d’éducation ne vous avait préparé à vivre. Vous pensez aider — préparer son petit-déjeuner, ranger sa chambre, tenter de l’aimer assez fort pour qu’il revienne à lui-même — mais vous réalisez que vous aggravez peut-être les choses.
Que ce combat est le sien.
Que vous ne pouvez pas le mener à sa place.
Vous pouvez lui coiffer les cheveux, mais vous ne pouvez pas chasser ses démons.
Être le père d’un garçon devenu un train fou lancé vers un pont effondré était un cauchemar dont je ne pouvais pas me réveiller. Mon mariage a fondu comme de la cire sous la chaleur de ces flammes.
Et ce que je ne voyais pas alors — ce dont j’étais aveugle au cœur de la tempête — c’est que mon fils était en train de m’offrir un cadeau que je ne comprendrais que plus tard.
En déclenchant cet orage dans notre maison, il m’a entraîné dans la dépression nerveuse dont je n’avais pas conscience d’avoir besoin.
Celle qui deviendrait, sans que je le sache, mon éveil spirituel.
Quand je me suis retrouvé au milieu de tout ce que j’aimais, regardant ma vie partir en fumée comme une grange frappée par la foudre, j’étais aussi porté — doucement, invisiblement — sur les ailes des anges.
Tout droit vers la révélation que le paradis n’était pas un lieu lointain où l’on va après la mort. Il avait été là depuis le début, tout près, comme les souliers rouges de Dorothy, attendant que je clique les talons en murmurant :
« On n’est jamais mieux que chez soi.
On n’est jamais mieux que chez soi. »
Ma carte « Sortie de Dogme » est apparue sous la forme d’une application de méditation installée sur mon téléphone : Headspace.
Vingt minutes chaque matin ont suffi pour commencer à reconfigurer ma façon d’être au monde.
C’est là que j’ai découvert que Jésus n’était pas l’agneau pascal mort pour mes péchés — comme on me l’avait enseigné — mais mon imagination elle-même. Mon scénariste intérieur.
Mon pouvoir créateur enveloppé dans une histoire.
La femme surprise en adultère, les pains et les poissons surgis du néant, le renversement des tables des changeurs, le fouet fabriqué maison — rien de tout cela n’était un cours d’histoire.
C’étaient des plans.
Des modèles.
Des rappels que le paradis est quelque chose que l’on bâtit ici, maintenant, à partir de l’attention que l’on choisit d’offrir.
J’ai appris à devenir immobile, fermer les yeux, et mettre mon cerveau en laisse.
Au lieu de le laisser courir dans toutes les ruelles, renversant les poubelles en quête de nourriture, j’ai appris à le conduire au parc, où il pouvait profiter de la compagnie d’autres chiens et recevoir de ma main ses propres friandises.
L’orage provoqué par mon fils a vidé toute la ouate de mon Jésus d’École du dimanche.
Ce qui restait était l’invitation — ou peut-être l’exigence — de devenir mon propre sauveur.
À travers un mélange de rêverie et d’actions inspirées, j’ai commencé à me souvenir de la raison pour laquelle j’avais glissé hors du corps de ma mère pour entrer dans ce monde vaste, compliqué et pourtant lumineux.
Et ici, à Paris, je continue de m’en souvenir.
Avec chaleur, depuis le boulevard Voltaire,
Richard